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Les Bornes reculées, aphorismes, etc.

Format: 14x20 cm./broché/128 pages, 14 illustrations/Prix EUR:  17.00
 

 

     C'est quand même incroyable ! Même le précieux Robert historique de la langue française, quand il définit « aphorisme », se borne toujours au sens obvie, ignorant superbement que ce vocable désigne aussi bien autre chose qu'un genre emmerdamment « didactique » ! Pas davantage que tous ses confrères lexicographes, Monsieuye Alain Rey ne daigne donc faire le moindre cas de la (pas si) nouvelle réalité littéraire qui, depuis Lichtenberg jusqu'à presque tous les surréalistes, Dac et Cioran (en passant par Forneret, Bierce, Wilde, Chesterton, Allais, Renard, Reverdy, Dada ou même Le Tintamarre), est désormais communément désignée par le mot. Et pourtant ils sont légion les jubilants qui, pour réagir contre l'oppression des faux-semblants, au bout de leur lassitude, en sont venus à rebâtir le monde à l'envers, tentant de restituer à l'esprit sain sa vraie place.

 

     La langue, énorme figure de rhétorique, pour la contraindre d'avouer enfin ce qu'elle cache, ces iconoclastes patentés s'amusèrent à la retourner comme les doigts d'un gant en caoutchouc, dit « de ménage ». Parodiant plaisamment les propres formes du discours gnomique (maximes, proverbes, dictons, axiomes et autres apophtegmes), conchiant allègrement la « sagesse des nations », tous ces joyeux anars n'affectèrent d'utiliser le ton sentencieux qu'en vue de prendre le langage au piège de son inanité, de remettre en question toutes les vérités reçues, de dénoncer les lieux communs de la pensée, œuvrant à instaurer, au fil de leurs étincelles et autres fulgurances, une aimable morale « à-rebours ».

     Dans un de ses agendas personnels, Achille Chavée nota un jour ceci : « Bien avant la lecture de Lichtenberg, j'avais déjà été sensible, dès l'âge de 16 ans, au mauvais jeu de mots : Cicéron, c'est point carré. » Si je prends la peine de citer cela, c'est dans le but de signaler que, contrairement aux apparences, confectionner efficacement ses pétards ne s'avère guère si simple, les « bons » limeurs (d'aphorismes) se révélant d'ailleurs plutôt rares... « Le calembour, ce fils naturel de la métaphore, fait souvent penser au bricoleur qui décroche, en gaulant des noix, une étoile dont il ne sait que faire », constata Marcel Havrenne. De fait, quand on prétend s'y coller, nombre d'inepties, juste dignes de l'Almanach Vermot, n'arrivant même pas à la cheville d'un titre du Canard enchaîné, voire de Libé, vous passent « par la fenêtre », bien plus souvent (hélas!) que les perles véritables. Aussi, serait-il nécessaire de se montrer sévère avec soi-même et d'éliminer impitoyablement tout ce qui ne semble pas apte à valoir qu'on sacrifie quelque arbre pour l'imprimer. Mais, ce serait là se priver de son « droit à la connerie », cédant à la dictature du « poétiquement correct »… Comme l'écrivit Paul Colinet : « Il m'arrive  fréquemment de penser que je ne suis pas un penseur et de négliger de penser que je le suis. » Concis sans doute mais parfois si cons, les aphorismes réussis sont comme les chats : ils ne viennent à vous que lorsqu'ils en ont envie !

 
 
 
 

Préface et prière stasique

        L’ « arrabalesque » {aphorisme (‘vulgaris’)} de Stas (Spa) me procure un plaisir [solitaire (vif)] de voyant.

        Son intensité (quantique) obéit au principe d’indétermination [confusion -panique-]. 

        Gracián [jésuite (Baltasar -et ‘dixseptuitard’-)] l’avait prévu : « si lo bueno breve, dos veces bueno; si lo malo corto, menos malo » (si le bon est bref deux fois bon ; si mauvais et court, moins mauvais).

        J’imagine que Le Greco [fils (de la Mère -de Dieu-)] aurait joui, aussi, de ses ‘frénésies du spasme’. Dieu (Pan) en soit loué, et que pour mon plaisir [exceptionnel (donc pataphysique)], il prête longue vie au mari de  Fanchon (fille de la grâce).

        Comme il m’importe et je le souhaite. Amen.

Fernando ARRABAL

1 phalle de l’année 133 de l’Ère Pataphysique

= 11 août (‘vulgaris’) de l’année 2006 après J.-C

 
 
        Note sur Arrabal : « Sur ses ‘arrabalesques’ et pièces de théâtre, comme dans les terres conquises par Charles V  ‘de pôle à pôle, le soleil ne se couche pas’. On fête le cinquantenaire des premières ‘premières’. www.arrabal.org. Le créateur des brèvissimes ‘arrabalesques’ est, néanmoins, le réalisateur de sept longs-métrages. »
 

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